Nathan sentait la respiration saccadée , ponctuée de sanglot contre son torse, il avait du mal à garder une respiration calme pour l'apaiser, car depuis les paroles qu'il avait murmuré quelques secondes plus tôt, lui se souvenait d'un passé douloureux, qui le frappa encore plus car même s'il n'osait se l'avouer Enora prenait le même chemin qu'une personne qui lui avait été cher.
Car oui lui, il connaissait tous ces syndromes, sans les avoir vécu il les avait cotoyés de près, observés et connaissait leur évolution... Il était né dans une famille heureuse, mais il perdit son père tôt et sa mère ne s'en remit jamais. Alors oui lui, Nathan il connaissait tous les syndromes de l'angoisse et de la depréssion.

Il se souvenait douloureusement des premiers temps d'un naufrage, les pleurs, les cris, la rage, l'espoir aussi, puis une sorte de calme plat ponctué de violente tempête où sa mère, meurtrie par les souffrances perdait tout contrôle pleurant pendant des heures, hurlant, étouffant sous le poids de la rage, et surtout sous le sentiment de l'injustice.

Puis les cris c'étaient calmés, les pleurs aussi, pour laisser place au vide, d'abord on continue d'avancer, morne, les yeux vidés de toute expression, et puis un jour on n'a plus la force de sortir, Nathan se crispa revoyant défiler devant lui le flot de scènes douloureuses, puis plus la force de bouger, et enfin toute force nous abandonne.

Le vide est alors complet et vous a déjà fait basculé dans ce qu'on appelle "l'autre côté"
Quelques jours plus tard sa mère se tuait, laissant Nathan, seul
Il fut placé en famille d'accueil et par chance fut rapidement adopté, c'est là qu'il connut Enora, il était voisin, malgré ses souffrances c'était un enfant pétillant de vie, tout le contraire d'Enora, qui n'avait déjà plus rien d'une enfant de son âge, elle aimait la solitude, le noir, tapie de longues heures dans l'ombre, telle une proie, le temps dans ces moments là n'avait plus de prise sur elle, elle se figeai telle une statue de marbre triste.
Lui avait perdu sa mère mais avait trouvé une famille d'adoption aimante et attentive, Enora, elle, n'avait jamais connu son père, et la présence d'une mère lu faisait cruellement défaut, c'est pour cela qu'elle venait souvent chez les Paridge, sa mère n'hésitant pas s'éloigner pour de longues périodes, Enora et Nathan avait alors grandis ensemble...

Je te donne mon sourire en échange de tes pleurs
Je te donne mon bonheur
Pourvu que tu restes là des heures
N'aie pas peur du loup qui rode
Car toujours je m'y oppose
Gardien de ton sourire
Joelier de tes larmes
Je n'ai d'arme plus précieuse
Que ton rire s'échappant de ta gorge délicieuse










