Ils se laissèrent glisser
jusqu’au canapé miteux, qui sembla, sous leur poids
s’affaisser encore davantage. Aron emprisonna la frêle jeune
fille dans ses bras, sans un mot, il laissait courir ses doigts le
long de son cou.

Bercée par le souffle calme
et les caresses du jeune homme la jeune fille ferma les yeux et ne
tarda pas à s’endormir, la tête contre le torse du jeune
homme.
Lui, au contraire, il
semblait soucieux, il fixait un point invisible, les yeux fixes,
empreint à un profond trouble. Il frissonna et colla son visage à
celui d’Evy, en repoussant d’un geste léger et doux une
mèche de cheveux qui courait le long du nez de la jeune
fille.
Il ferma les yeux à son
tour, écoutant la respiration apaisée
d’Evy.
Au bout de quelques heures,
Evy frissonna, sortant Aron de sa torpeur, il lui chuchota dans un
souffle
-
Evy faut que tu rentres, on s’est
endormi
Pour toute réponse elle
enfouit sa tête dans le cou du jeune
homme
-
Laisse moi rester,
dit-elle

A ces mots il se releva
d’un bond
-
Evy, faut vraiment que tu partes ! Hors de question
que tu restes ici
Il avait craché ces mots à
la manière d’un automate, il n’avait pas osé, la
regarder, il lui tournait le dos
La jeune fille se leva à son
tour, venant lui faire face, elle lui prit la main, elle le regarda
avec une étrange lueur dans les yeux, qu’Aron décela à
l’instant même où elle planta son regard vert dans le
sien.

La bouche de la jeune fille
prit le chemin des lèvres d’Aron, hypnotisé, puis se
détournèrent
-
Je vais rester,
souffla-t-elle
C’était étrange,
étrange ce qui se passait à cet instant, quand l’air devient
électrique que les respirations se font courte entraînées par le
désir
Aron détourna son regard de
la jeune fille, peine perdue, sans même engagée la
bataille
-
Alors reste, dit-il d’une voix
rauque

L’Innocence et
l’Insouciance
